L'auteur, Amar LAKHDAR
Bien que glanées lors de concours ses quelques récompenses                       littéraires restent  mineures, elles illustrent toutefois un                esprit vif, imaginatif, porté vers un narratif baroque que                                  certains, membres de jurys ou quidam éclairés,                                        eurent le bon goût de reconnaître . . . 

Si les péripéties du petit Jojo et d’Agate sa bille fétiche surent nous charmer en nous entraînant dans le monde de l’enfance, ses découvertes et ses premiers enjeux ; si "Conchita femme de ménage, femme de méninges"** opéra une glissade mi- chèvre, mi- chou vers le social et ses injustices ; son billet "Le plus grand psychanalyste que la terre ait porté" marquera une rupture dans sa production.

 

 

Son art achoppera définitivement sur cette psychanalyse, qu’acerbe il nommera psycaca alors qu’elle passe pour être panacée. Nul ne le lui pardonnera cela, du moins s’en convaincu-t-il (Dieu que cette formulation est laide et orthographiquement hasardeuse), mais pourquoi Diable (en contrepoids au Dieu précédemment contigu) s’enferra-t-il dans ce combat ? 

Comme en un dernier sursaut sa chronique consacrée au lavoir de la rue Champbertrand, à grand renfort de morts violentes, lui permis encore d’attirer l’attention des sénonais***, mais depuis longtemps le charme n’opérait plus. A trop vouloir contester la culture ambiante il s’était brûlé les ailes, sa plume n’y résista pas.


Revanchard il s’attaqua alors aux derniers taboux,
                                                                         c’est foux ! ****

** ARACT Occitanie à partir de la page 26  CLICK

*** C’est un trou de verdure où chante une rivière… – La Gazette des Sénonais  CLICK


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Le dernier des grands psychanalystes 


 
  L’histoire du  plus grand psychanalyste que la terre ait porté m’a été racontée  par Ilda qui fut sa dernière cliente. Elle l’avait choisi car on lui avait vanté son écoute silencieuse ponctuée de quelques bruits de gorge significatifs.

  Ilda s’allongea donc sur le divan et commença son récit peu après Mathusalem. Elle passa en revue les vikings, goths et autres ostrogoths pour arriver dans les faubourgs du 20 ème siècle. Son psyk , de  temps à autre, émettait un borborygme. Son récit durait bien depuis deux, trois ou plutôt quatre heures et l’autre ne se lassait pas. A un moment donné les fameux bruits de gorge prirent une tournure spéciale, comme inquiétante. La soirée passa, puis la nuit, Ilda continuait toujours. Narrait toujours et inépuisablement.
  Le jour se leva, Ilda non : trop contente d’en avoir pour son argent. Midi lui tirailla les entrailles, puis vinrent soirée et nuit comme enchaînées. Ilda se plaignait de son père : un faible, de sa mère qui ne lui avait jamais fait confiance. Et un nouveau jour paru, pas dans son âme trop ancrée en son intérieure souffrance. Une journée chaude, propice à la sueur et aux miasmes… d’ailleurs elle senti une drôle d’odeur.
  Quand les secours arrivèrent le médecin légiste déclara le psyk mort depuis 36 heures. Ilda fut accusée de non assistance à personne en danger.

L’accuser elle. Elle qui souffre tant !